L’étudiant, un participant actif de certaines recherches

Par Sabine Bacouël-Jentjens et Leïla Loussaïef

L’étudiant, un participant actif de certaines recherches

Dans le cadre de la réalisation du mémoire de fin d’études, les étudiants de l’ISC Paris ont des cours de méthodologie. Ces cours les aident à comprendre la démarche à adopter pour réaliser ce travail scientifique rigoureux qui vient clôturer leur cursus.

Dès la première séance de la méthodologie pour le mémoire, il est précisé aux étudiants que pour les très bons mémoires de recherche, il y a la possibilité d’être publié sous la forme d’une conférence, d’un chapitre dans un ouvrage ou dans une revue académique. Plusieurs exemples leur sont montrés.

Les principaux obstacles rencontrés pour passer d’un mémoire de fin d’études à une contribution intellectuelle sont les suivants :

  • Les terrains donnent souvent lieu à une collecte de données de qualité mais dont l’analyse des résultats doit être retravaillée pour être plus pertinente.
  • Les étudiants ont parfois du mal à identifier leur apport. Beaucoup de mémoires sont plutôt descriptifs et il faut les aider à prendre du recul pour identifier la valeur ajoutée de leur travail.
  • Les étudiants sont souvent déjà partis pour un premier emploi. Il est donc parfois difficile de les suivre pour retravailler leur mémoire et en faire une publication même si la qualité du mémoire le permettait.

Lors d’une présentation à une conférence (surtout lors des « chapter » – conférences aux Etats-Unis avec des « graduate sessions »), l’effort de recherche littéraire et la description très détaillée réalisés par l’étudiant lors de son mémoire sont toujours valorisés et encouragent à poursuivre la recherche.

Une fois le travail communiqué ou publié, les étudiants sont très contents. Ils mesurent le temps nécessaire à l’élaboration d’une contribution académique. Ainsi, l’une des communications réalisées en 2015 par Sabine et une étudiante est actuellement en production pour un ouvrage Palgrave. L’étudiante s’est encore mobilisée avec la publication en vue, mais le travail de l’enseignant tuteur reste sur la redéfinition de la problématique et de la qualité rédactionnelle adaptées au support choisi.

La recette pour ce travail collaboratif : un étudiant sérieux ayant respecté les attentes du mémoire et un tuteur très motivé 🙂

Deux exemples de ce travail collaboratif

Le premier exemple repose sur un mémoire de fin d’études en 2009 encadré par Leïla. L’étudiante a travaillé sur les freins à la consommation responsable dans la grande distribution et a fait un travail de très grande qualité. Après sa soutenance, son tuteur lui a proposé d’en faire un article. C’est un exercice différent par rapport au mémoire, mais la matière première était déjà là. Après avoir encadré le travail de la façon la plus objective possible, Leïla est devenue partie prenante et a rédigé l’article de concert avec l’étudiante. En dehors de la satisfaction de mettre le travail d’étudiant à la portée d’un plus large public que pour le mémoire, l’enseignante est heureuse d’avoir initié l’ancienne étudiante à la rédaction d’un article scientifique et d’avoir pu profiter, de son côté, d’un regard neuf en marketing mais déjà expert sur le sujet.

L’article a été publié en 2012. Depuis, l’étudiante a continué sur le chemin de la responsabilité et a lancé son entreprise SloWeAre, une plateforme d’information qui sensibilise le consommateur à la mode éthique et lui apporte toutes les solutions pour simplifier sa transition vestimentaire.

Un exemple plus récent implique deux enseignantes de l’ISC Paris. Leïla a encadré un mémoire sur la résistance du consommateur à la manipulation des marques. Le sujet est très intéressant et vraiment d’actualité. Dans la procédure de mémoire de l’ISC Paris, le relecteur final du mémoire n’est pas le tuteur. Ainsi, une autre collègue, Karen, a corrigé le mémoire.

Dès qu’elle a fini la lecture, elle a appelé la tutrice du mémoire tout excitée, pour dire tout le bien qu’elle en pensait ! Le mémoire était d’une très grande qualité et a été partagé dans une vidéo. Il a donc été proposé à l’étudiante d’en faire un article. Ce qu’elle a très vite accepté ! Le travail de réécriture a pris plusieurs mois, c’était très enrichissant de croiser trois regards : l’étudiante avec sa connaissance fine du sujet et sa nouvelle expérience en entreprise dans le marketing digital, Karen avec ses connaissances RSE et sa sensibilité à l’éthique des marques et Leïla avec la perspective marketing responsable. L’article vient d’être soumis à une revue académique. Les trois co-rédactrices attendent le retour des relecteurs et croisent les doigts pour que leur travail à six mains puisse être accepté par la revue !

Contributions intellectuelles réalisées en partenariat avec des étudiants 

CERQUEIRA, M. (forthcoming 2018). The Soft Power of The Music Industry – Where Does It Start And Where Does It End? Insights from the United States and Japan, in : A. S. Arora, S. Bacouel-Jentjens, and J. J. Edmonds (eds), Global Business Value Innovations: Building Innovation Capabilities for Business Strategies. Palgrave Macmillan. (project currently under submission)

DUMOULIN, A.; BACOUEL-JENTJENS, S. (2015): China’s Africa Safari: Can China contribute to Africa’s Economic Development? Presented at: AIB SE Annual Meeting, Savannah, 12-14 November 2015.

EL HAUARI, S.; BACOUEL-JENTJENS, S. (2015): MNC CSR-strategies at BoP-markets. Presented at: AIB SE Annual Meeting, Savannah, 12-14 November 2015. (nominated for best student paper).

CERQUEIRA, M.; BACOUEL-JENTJENS, S,. (2015): The Soft Power of the Music Industry: From the United States to Japan. Presented at: AIB SE Annual Meeting, Savannah, 12-14 November 2015

REBUFET, M., LOUSSAIEF, L., BACOUËL-JENTJENS S. (2014): Does the Country-of-Origin Matter for Cosmetics? The ‘Made In France’ Argument, in : A. S. Arora, and S. Bacouel-Jentjens (eds), Advertising Confluence: Transitioning the World of Marketing Communications into Social Movements. Palgrave Macmillan, p. 45-60

LOUSSAIEF, L. et MOIGNO, E. (2012) : La perception de l’offre responsable par le consommateur français – Une étude exploratoire dans la grande distribution alimentaire, Ethics & Economics, 9 (2).

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