Une recherche tournée vers l’international

Par Faten Ben Bouheni

Une recherche tournée vers l’international

La recherche académique en sciences de gestion est en constante évolution et de plus en plus tournée vers l’international. A travers l’exemple de mes travaux je vais illustrer les deux principaux points d’ancrage de cette internationalisation :

  • La recherche co-construite avec des chercheurs à l’international ;
  • La recherche publiée dans des revues anglosaxonnes ayant un rayonnement international.

Ma principale thématique de recherche porte sur l’analyse du couple rentabilité/risque au sein des banques en Europe ainsi que sur les facteurs endogènes et exogènes qui pourraient agir sur la dislocation de ce couple, en particulier les effets : du cycle économique, de la réglementation financière et de la gouvernance bancaire. Le sujet même de ce projet implique une dimension internationale : connaissance précise des acteurs du secteur bancaire européen.

Le point de départ de cette recherche est le contexte de la crise mondiale financière de 2007 et des années suivantes. Elle est marquée d’une part par deux grandes phases upturns (boom) et downturns (bust), et d’autre part par les réglementations omniprésentes et impactantes comme celles qui portent sur la gouvernance.

Dans ce contexte, mes résultats soulignent que le couple rentabilité/risque des banques se disloquerait en présence de deux facteurs :

  1. la prise de risque excessive engendrant des énormes pertes qui sont subies par l’économie réelle ;
  2. les défaillances des réglementations financières et des structures gouvernementales qui ont échouées dans la prévention de ces scénarios.

Les recherches débutées lors de ma thèse, « Les effets des régulations et des supervisions sur la performance des banques européennes », ont pu être développées suite à une présentation « Will more banking regulation reduce the risk of future crises ? » à une conférence internationale en février 2015 à Paris.

Conclusion des recherches

À cette occasion j’ai pu approfondir mes travaux par des débats entre chercheurs et praticiens de différents pays et conclure que, d’une part, les réglementations financières pourraient être pertinentes sous certaines conditions, ou inappropriées et que, d’autre part, les réalités historiques, socioculturelles, socioéconomiques, sociopolitiques… des pays sont explicatives à la fois des dysfonctionnements ou des réussites de chaque système financier et de la capacité d’adaptation des réglementations financières.

Les conférences internationales, qu’elles aient lieu en France ou à l’étranger, sont très enrichissantes par les échanges qu’elles favorisent avec des pairs. Un regard extérieur et parfois avec une culture différente permet de travailler son sujet avec une autre perspective.

Dans certains cas, les chercheurs étrangers sont parties prenantes de mes recherches. Cette co-écriture avec des chercheurs internationaux a toujours été enrichissante.

Les autres thèmes de recherche

Mes autres thèmes de recherche couvrent d’autres approches de la finance (comportementale et islamique) et des risques spécifiques aux banques (systémiques et relatifs aux prêts non-performants), auxquelles s’ajoute une dimension socio-économique plus transversale qui éclaire mes recherches.

Ces travaux ont fait l’objet de publications d’articles dans des revues classées internationales, de livres en anglais chez Wiley, de chapitres d’ouvrages dans des revues nationales et internationales à comité scientifique. La publication des études des enseignants chercheurs est une étape obligatoire de leur métier : la diffusion du savoir. Le plus souvent elle se fait dans des revues anglosaxonnes, après une lecture à l’aveugle par 2 ou 3 experts du sujet et les révisions du manuscrit qui s’en suivent, pour une meilleure visibilité.

Actuellement, je suis en charge de la direction de l’axe de recherche RMEFR (Recherche en Mutations Economiques, Finance et Régulation) à l’ISC Paris. Je souhaite insuffler une forte dimension internationale à cet axe et pouvoir partager mon réseau avec les enseignants-chercheurs de mon laboratoire, car je suis persuadée de la nécessité de ne pas faire une recherche uniquement franco-française.

C’est pourquoi je veux créer des projets de recherche transdisciplinaires avec des chercheurs internationaux. De plus, j’ai la responsabilité d’organiser une conférence internationale « Paris Innovative Finance & Fintech » en 2018.

Cette conférence verra la participation d’intervenants possédant des expériences internationales afin de pouvoir échanger sur les pratiques internationales liées à la cryptommonaie.

>>> Retour <<<