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L’employabilité en école de commerce : accompagner les étudiants du stage au premier emploi

Dans une école de commerce, l’enjeu ne s’arrête pas à la remise du diplôme. Ce qui se joue réellement, c’est l’entrée dans la vie active : trouver son stage, décrocher son alternance, puis négocier son premier poste. Un parcours qui demande un accompagnement structuré, du début à la fin.

À l’ISC Paris, cette mission a un responsable : Arnaud Teulé, Directeur du CFA et du Career Center. Sept collaborateurs, 1 200 entreprises partenaires, et une vision claire : l’école ne forme pas seulement des étudiants, elle construit leur professionnalisation jusqu’à leur premier emploi.

D’Auchan à San Francisco : un parcours qui n’a rien d’un hasard

Arnaud n’est pas arrivé dans l’enseignement supérieur par la voie classique.

« J’ai bossé 13 ans pour le groupe Auchan. Puis après, je suis passé dans l’éducation dans le Sud-Ouest. Je suis allé aux États-Unis à San Francisco. Et j’ai atterri ici à l’ISC Paris. »

Treize ans d’entreprise, une expérience internationale, et seulement ensuite l’arrivée dans une école. Cette trajectoire n’est pas anecdotique : elle façonne sa manière de concevoir le rôle d’un Career Center. Pour Arnaud, accompagner des étudiants dans leur professionnalisation suppose d’avoir soi-même vécu les codes de l’entreprise, pas de les connaître de loin.

« Dans mon management, c’est donner avec mon équipe tous les moyens pour pouvoir accompagner les jeunes, et que mes collaborateurs puissent avoir tous les outils qu’il faut pour derrière donner toutes les billes pour avoir une alternance ou un stage. »

Réintégrer le CFA au cœur de l’école

L’une des premières décisions d’Arnaud en arrivant à l’ISC Paris : ramener le CFA dans la vie quotidienne de l’école.

« Chez nous, on est un petit peu excentré par rapport à toutes les autres équipes. Et on arrivait en fin de parcours : on cherchait l’alternance une fois que le jeune était admis. Moi, je voulais qu’on fasse vraiment partie intégrante de l’école. »

Résultat : le CFA et le Career Center interviennent désormais à plusieurs moments de l’année académique, pas seulement en fin de cursus. L’étudiant croise les équipes dès son arrivée. L’accompagnement commence tôt, se tisse dans le temps, s’affine au fur et à mesure que le projet professionnel se précise.

Ce n’est pas qu’une question d’organisation. C’est une philosophie : la professionnalisation n’est pas un épisode isolé en fin d’études, c’est un fil rouge qui court sur l’ensemble du parcours.

Alternance 2026 : nouveau contexte, nouvelle approche

Impossible d’évoquer le travail du CFA sans parler du contexte 2026.

« Aujourd’hui, il y a une coupe très forte de tout le financement, de toutes les aides de l’alternance telles qu’on les connaissait depuis le Covid. »

Pendant plusieurs années, les aides publiques à l’embauche d’alternants ont massivement incité les entreprises à recruter. Ce dispositif a été substantiellement réduit. Résultat : l’alternance n’est plus perçue par les entreprises comme un recrutement subventionné, mais comme un vrai investissement RH.

« Aujourd’hui, l’alternance ce n’est plus un produit gratuit. C’est un vrai investissement RH pour les entreprises. »

Ce changement de contexte n’est pas forcément une mauvaise nouvelle. Il réoriente la conversation vers ce que l’alternance apporte vraiment : la formation d’un futur collaborateur sur la durée, la découverte d’un talent, la préparation d’un recrutement en CDI. Les entreprises qui recrutent cette année le font parce qu’elles investissent vraiment dans un parcours… pas parce qu’une subvention les a convaincues.

Pour les étudiants, cela veut dire une chose : il faut arriver préparé, convaincant, aligné avec le besoin de l’entreprise. L’accompagnement devient encore plus déterminant.

Une équipe spécialisée par secteur

Pour construire cet accompagnement, Arnaud s’appuie sur une équipe structurée différemment des approches classiques.

« J’ai sept collaborateurs. Ils ont chacun un portefeuille avec un secteur ou des secteurs d’activité. Ils sont un petit peu les experts, de par leur partenariat, de par ce qu’ils lisent sur les réseaux, de l’activité globale économique en France. »

Autrement dit : chaque collaborateur devient référent d’un ou plusieurs secteurs, suit l’évolution des métiers, connaît les entreprises qui recrutent, comprend les codes. Lorsqu’un étudiant arrive avec un projet dans la finance, dans le luxe, dans le conseil ou dans la tech, il est orienté vers un interlocuteur qui connaît concrètement le terrain.

Les chiffres suivent : 1 200 entreprises travaillent aujourd’hui avec l’ISC Paris, dont une quinzaine à vingtaine de partenaires très proches qui interviennent en cours, participent aux événements, parrainent des promotions.

« Nous à l’ISC, on refait l’entreprise dans l’école et les jeunes voient directement et l’aspect académique avec les professeurs et l’aspect professionnel avec l’entreprise qui vient aussi leur présenter des choses. »

Les outils : job board et IA d’entraînement

Pour outiller cet accompagnement, l’ISC Paris s’est équipée de plateformes qui transforment la recherche en véritable processus. Un job board centralise toutes les offres d’alternance et de stage, permet aux étudiants de suivre leurs candidatures, et ne se limite pas à un simple annuaire d’offres.

Une IA d’entraînement aux entretiens : « L’étudiant télécharge son CV, télécharge l’offre d’emploi, et l’IA va lui poser des questions. Et surtout, elle va faire un feedback après : tu as eu un langage familier ou professionnel, tu parles trop vite ou trop doucement, tu as un tic de langage, tu as dit « voilà » 122 fois en 2 minutes… »

L’enjeu n’est pas de remplacer un entretien humain, mais de gagner en confiance avant le vrai entretien. Repérer les tics, calibrer son discours, apprendre à répondre à des questions qu’on n’avait pas anticipées. À cela s’ajoutent des webinaires, des ateliers CV animés avec des entreprises partenaires, et un accompagnement personnalisé disponible toute l’année.

Combler le gap entre diplôme et alumni : la mission insertion

L’une des évolutions les plus récentes et les moins visibles du Career Center : prendre en charge le moment où le jeune diplômé quitte l’école mais n’est pas encore installé professionnellement.

« Entre le diplôme et être alumni, il y avait toujours ce petit moment où on se sentait seul. Et nous, à l’ISC Paris, on l’a comblé, puisque dans mon équipe, il y a quelqu’un qui s’occupe uniquement de ça, de l’insertion. »

Concrètement : une fois diplômé, l’étudiant reste accompagné par l’ISC Paris pour la recherche de son premier job. Un chargé d’insertion dédié travaille sur ce temps précis. Un temps où beaucoup d’écoles considèrent que leur mission est terminée et où le jeune diplômé se retrouve souvent sans filet.

« Une fois que je suis diplômé, je suis toujours accompagné par l’ISC Paris pour la recherche de mon premier job et de ma première expérience de vrai professionnel à temps complet en tant que junior. »

Ce pont, souvent manquant ailleurs, change concrètement l’expérience de l’après-diplôme. Il transforme aussi le lien avec l’école en continuité, plutôt qu’en rupture suivie de reconnexion.

Un partenariat gagnant-gagnant avec les entreprises

Pour Arnaud, un bon partenariat entreprise repose sur une règle simple.

« Le but, c’est d’avoir un partenariat gagnant-gagnant. L’entreprise puisse parler de ses métiers et de son entreprise pour développer sa marque employeur auprès de nos jeunes. Et nos jeunes aient accès à des entreprises avec lesquelles on a un partenariat et donc un rapport privilégié. »

Les 1 200 entreprises qui travaillent avec l’ISC Paris ne sont pas des logos sur une plaquette. Ce sont des recruteurs qui interviennent en cours, des alumni qui parrainent des promotions, des directions RH qui participent aux conseils de perfectionnement. L’école s’ouvre à l’entreprise ; l’entreprise s’ouvre à l’école.

Un management qui laisse place à l’erreur

Sur sa manière de diriger son équipe, Arnaud n’hésite pas à poser une règle inhabituelle.

« Je prends les idées de tout le monde. On a le droit de se tromper, donc on essaie de tester beaucoup de choses. On teste des choses, on en garde. On teste des choses, on en met à la poubelle. Mais on n’a pas le droit de faire trois fois la même erreur. On a le droit de se tromper. »

Ce management qui autorise l’expérimentation produit des initiatives : classes de parrains, nouveaux outils, nouveaux formats d’événements, nouvelles manières d’accompagner. Ce qui fonctionne reste. Ce qui ne fonctionne pas est tiré au clair, et on passe à autre chose.

L’ambition : transformer une ambition en trajectoire

Interrogé sur sa vision, Arnaud revient à l’essentiel.

« L’ambition, ça serait de donner à chaque étudiant une trajectoire ambitieuse, alignée à ses valeurs, et professionnalisante pour son parcours. » Et plus loin : « Qu’on puisse toujours entendre « L’ISC, c’est notre école » quand ils auront 30, 40, 50 ans, qu’ils se rappellent de leur parcours à l’école, des bons comme des mauvais moments, et faire partie de cette communauté ISC Paris. »

C’est là le sens profond du travail du Career Center : préparer l’insertion de court terme, mais aussi contribuer à un attachement de long terme. Un étudiant qui a été accompagné jusqu’à son premier emploi est un alumni qui, dix ans plus tard, revient parrainer la promotion suivante.

Conclusion : préparez-vous, et le reste suivra

Pour un futur étudiant qui s’interroge sur l’ISC Paris, Arnaud a un message clair.

« Viens, parce que tu vas avoir une super école, des super profs, tu seras accompagné dans toutes tes démarches — qu’elles soient administratives jusqu’au concours, dans toutes tes démarches professionnalisantes ensuite jusqu’à la diplomation. Et on t’aidera même à trouver ton premier job. »

À l’ISC Paris, le CFA et le Career Center ne sont pas une annexe de l’école. Ils en sont une colonne vertébrale. Et cette colonne continue de porter l’étudiant bien après qu’il ait quitté les bancs.