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Pourquoi accueillir un alternant en entreprise : la vision d’un manager Hays

Recruter un alternant est l’une des décisions les plus structurantes qu’un manager puisse prendre pour son équipe. Ce n’est ni un stage long, ni un recrutement classique. C’est un pari de deux ans sur un étudiant que l’on va former, encadrer et faire monter en responsabilité. Pour qui s’y engage sérieusement, c’est aussi l’un des meilleurs leviers de recrutement durable.

Jérémy Jouanneau dirige depuis plus de dix ans une équipe d’une dizaine de chargés de recrutement chez Hays, le cabinet international de recrutement. Son équipe gère les comptes stratégiques du cabinet. Un tiers de ses collaborateurs actuels sont d’anciens alternants.

Dans ce témoignage, il raconte sa méthode, ce qu’il attend d’un alternant, pourquoi il choisit l’ISC Paris, et ce qu’une entreprise peut concrètement gagner à ouvrir ses portes à un étudiant.

Un tiers de son équipe est passée par l’alternance

Jérémy est direct sur la place de l’alternance dans sa stratégie RH.

« Un tiers aujourd’hui des personnes de mon équipe sont issues de ce système d’alternance. On a énormément de réussites grâce à ces personnes qui, à la fin, connaissent parfaitement la culture Hays et savent très bien y répondre. »

Ce chiffre n’est pas anecdotique. Il révèle une mécanique de recrutement qui, à l’échelle d’une équipe, pèse autant que les recrutements CDI classiques et les cooptations. Un alternant devient CDI dans un environnement qu’il maîtrise déjà. Il n’y a pas de phase d’intégration longue, pas de doute sur la culture, pas d’incertitude sur la posture. L’entreprise sait ce qu’elle recrute, et le futur CDI sait exactement ce qu’il signe.

Trois mots clés : curiosité, envie, patience

Quand on demande à Jérémy ce qu’il attend d’un alternant, sa réponse se construit autour de trois exigences.

« J’attends qu’il puisse s’intégrer parfaitement en termes de personnalité, de dynamisme, d’esprit d’équipe. J’attends de lui qu’il puisse prendre le poste à bras le corps. Et puis qu’il ait aussi cette patience d’être emmené petit à petit au niveau d’un chargé de recrutement confirmé en CDI. Donc cette curiosité, cette envie, et cette patience de pouvoir occuper le poste. »

Les deux premiers critères sont généralement présents chez un bon candidat. Le troisième, la patience, est plus rare, et c’est précisément ce qui distingue un alternant qui ira jusqu’au bout d’un alternant qui s’essoufflera.

Sa méthode : laisser faire, laisser réussir, laisser se tromper

La manière dont Jérémy accompagne ses alternants ne ressemble pas à celle d’un professeur. Elle ressemble plutôt à celle d’un coach de terrain.

« On accompagne l’alternant en prenant le temps. En prenant le temps de passer étape par étape, en dialoguant très souvent, en le laissant faire sa propre expérience, ses propres erreurs, et puis ses propres réussites. »

Trois idées majeures ressortent de cette méthode.

1. Prendre le temps, étape par étape

Un alternant n’est pas un CDI, et le confondre avec un CDI est le piège le plus fréquent. Celui qui veut un collaborateur immédiatement opérationnel aurait mieux fait de recruter un consultant junior. L’alternant monte en charge sur 24 mois, pas sur 24 jours.

2. Dialoguer très souvent

Chez Hays, la fréquence du dialogue manager-alternant est pensée comme un pilier. C’est le dialogue qui permet de corriger un début d’erreur avant qu’elle ne devienne un problème, et de capitaliser rapidement sur une réussite pour en faire une méthode.

3. Laisser faire ses propres erreurs

L’erreur n’est pas sanctionnée. Elle est intégrée au parcours. C’est précisément ce qui différencie un stage ponctuel d’une véritable expérience de deux ans. L’alternant a le droit de tester, de se tromper, et d’apprendre de ses échecs. C’est ce droit qui fabrique un futur professionnel autonome.

Le « spec » : l’exemple d’une alternante poussée au niveau consultant

Dans son équipe, Jérémy pousse ses alternants à sortir du périmètre strict de leur fiche de poste. Sonia Lemoine, son alternante actuelle, en est un exemple.

« J’ai vu Sonia évoluer à partir du moment où on a pu trouver le projet sur lequel elle pouvait commencer. J’ai constaté qu’elle prenait les choses à bras le corps, avec un esprit de responsabilité et un esprit d’enthousiasme. »

Résultat : Sonia a porté une action commerciale appelée le « spec », traditionnellement réservée aux consultants seniors. Elle a débloqué un besoin client qui s’est concrétisé rapidement par un détachement en industrie. L’alternance s’est transformée, à ce moment là, en véritable mission.

Ce que les jeunes apportent à l’entreprise

Jérémy ne s’arrête pas à ce que l’alternance apporte à l’alternant. Il insiste aussi, et c’est plus rare, sur ce que l’alternance apporte à l’entreprise.

« Les jeunes aujourd’hui apportent à l’entreprise beaucoup de spontanéité, et beaucoup d’attente vis-à-vis de leur responsable, de leur manager. À juste titre. Ils sont en attente d’accompagnement, d’écoute, de formation. »

Il poursuit avec un point important pour tout manager.

« C’est quelque chose qui nous oblige à rester performants, proactifs, à jour vis-à-vis de tous les outils qu’on doit pouvoir leur apporter. Cette jeunesse nous oblige à rester bien à jour et bien ancrés dans le terrain. »

Un manager qui accompagne un alternant devient un meilleur manager. C’est l’effet miroir dont on parle peu, et qui pourtant justifie à lui seul l’investissement.

Pourquoi l’ISC Paris ?

Dans un marché saturé d’écoles proposant des cursus en alternance, pourquoi Jérémy et Hays travaillent avec l’ISC Paris ? Deux raisons principales.

La première est académique. Le Programme Grande École de l’ISC Paris est un cursus solide, avec une pédagogie qui prépare à la réalité du marché du travail. Les étudiants arrivent avec un socle méthodologique paré pour le terrain.

La seconde est relationnelle. Le suivi école-entreprise fonctionne. L’entreprise sait à qui parler, les référents pédagogiques sont joignables, et l’articulation entre temps en cours et temps en entreprise est pensée pour que l’alternant puisse réellement progresser dans les deux.

Côté candidats, le profil Sonia a été parlant. Un discours professionnel dès l’entretien, une préparation sérieuse, une spontanéité qui matche la culture Hays. Jérémy le dit en une phrase.

« Dès le départ, très bon feeling. J’ai constaté une jeune femme tout de suite convaincante, déterminée. »

Les erreurs à éviter côté entreprise

Jérémy n’a pas détaillé frontalement les erreurs à éviter, mais sa méthode permet de les reconstruire en creux. Voici ce qu’une entreprise devrait absolument ne pas faire avec un alternant.

  • Confondre un alternant avec un CDI. Pas de montée en charge en quelques semaines. Deux ans sont deux ans.
  • Négliger l’intégration. Un alternant mal intégré est un alternant qui reste en retrait, qui ne pose pas de questions, et qui finit par devenir une ressource sous-utilisée.
  • Ne pas donner de projet. Un alternant sans mission claire s’éteint. Jérémy insiste sur le « projet sur lequel elle pouvait commencer ».
  • Sanctionner l’erreur. C’est tuer la prise d’initiative. L’alternance se prive alors de son principal moteur d’apprentissage.
  • Ne pas penser l’après. Un alternant qui ne voit pas de perspective CDI à la fin partira ailleurs. L’investissement de deux ans sera perdu.

    Le mot de la fin : spontanéité

    Quand on demande à Jérémy de résumer sa relation avec son alternante, un mot lui vient.

    « Spontanéité. Il n’y a pas de chichi, on se parle vrai, et ça fonctionne bien comme ça. »

    Peut-être est-ce la vraie leçon pour toute entreprise qui envisage d’accueillir un alternant. Pas une procédure, pas un livret d’accueil, pas une charte RH. Un dialogue honnête, une méthode patiente, et un vrai projet.

    Son conseil aux managers qui hésitent

    « C’est le meilleur équilibre pour être prêt au monde professionnel. L’équilibre entre l’expérience d’étudiant et l’expérience terrain professionnelle est la meilleure des choses. »

    Un plaidoyer sans fioritures pour un modèle qui fonctionne, à condition qu’on y mette l’énergie.

    Vous souhaitez accueillir un alternant ISC Paris ?

    L’ISC Paris accompagne chaque année de nombreuses entreprises dans leur politique alternance. Du cadrage du besoin au suivi du binôme alternant-tuteur, l’école met en relation ses étudiants avec des structures qui, comme Hays, cherchent à construire un vivier de recrutement durable.

    Vous hésitez entre un cursus classique et un cursus en alternance ? Regardez l’interview complète de Sonia Lemoine, et croisez avec la perspective de son manager.