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Pourquoi choisir l’alternance plutôt que la fac : le témoignage d’une étudiante PGE à l’ISC Paris

À 20 ans, beaucoup d’étudiants hésitent entre la fac et une école de commerce. D’autres hésitent entre études classiques et alternance. Dans tous les cas, le choix est rarement évident. On entend tout et son contraire, et les retours concrets d’étudiants qui ont basculé d’un modèle à l’autre restent rares.

Sonia Lemoine, étudiante en Programme Grande École à l’ISC Paris, a fait ce chemin. Après une première partie de cursus en université, elle a basculé vers un parcours en alternance. Depuis deux ans, elle est chargée de recrutement chez Hays, le cabinet international de recrutement spécialisé.

Dans ce témoignage, elle revient sur son choix, ce que l’alternance lui a appris que la fac ne pouvait pas lui donner, et ce qu’elle dirait aujourd’hui à une étudiante qui hésite.

Un parcours fac, puis le déclic

Sonia a d’abord suivi un cursus universitaire. Un parcours classique, structuré, qui lui a donné des bases solides. Mais quelque chose manquait.

« L’école, contrairement à l’alternance, nous apprend à gérer notre stress par rapport aux examens et aux devoirs à rendre. Mais il n’y a pas de cadre professionnel, on n’est pas forcément sur le terrain. »

Le constat ne porte pas de jugement sur la fac. Il porte sur ce qu’elle ne peut pas offrir, par construction : un environnement professionnel au quotidien. C’est précisément ce que Sonia cherchait quand elle a basculé en Programme Grande École à l’ISC Paris, en alternance.

Le choix de l’ISC Paris

Entre les écoles de commerce accessibles en alternance, l’ISC Paris a coché plusieurs cases importantes pour Sonia : un Programme Grande École reconnu, une forte culture entreprise, et un vrai suivi dans la relation école-entreprise. Un cadre qui lui permettait de garder un niveau académique élevé tout en travaillant quatre jours par semaine. C’est cette double exigence qui l’a convaincue.

Hays, l’alternance qui change tout

Son alternance commence chez Hays, cabinet de recrutement présent dans plus de trente pays. Elle est intégrée dans une équipe dirigée par Jérémy Jouanneau, qui gère les comptes stratégiques. Au départ, elle est positionnée sur le secteur banque et assurance, puis elle bascule sur l’industrie.

Ce qui l’a frappée dès les premiers jours, c’est la façon dont l’intégration est pensée chez Hays : « Chez Hays, c’est un peu la culture : on intègre rapidement les collaborateurs. Dès le début, je me suis sentie intégrée par l’équipe. J’ai pu parler avec tout le monde. On m’a montré très rapidement comment travailler. »

L’intégration n’est pas un détail. Pour un alternant, c’est le facteur numéro un entre une expérience formatrice et une expérience ratée.

Ce que l’alternance apporte que la fac ne peut pas donner

Sonia résume en trois mots ce qu’elle a appris dans l’entreprise et qu’elle n’aurait pas appris en salle de cours. « Gérer mes priorités, avoir un meilleur contact avec les collaborateurs et avec les interlocuteurs. » Détaillons.

1. La gestion des priorités en temps réel

En entreprise, personne ne vous donne un emploi du temps. Vous ouvrez votre boîte mail à 9 h et vous décidez de l’ordre dans lequel traiter les choses. C’est une compétence qui ne se simule pas. On l’apprend en la pratiquant, avec de vraies conséquences si l’on se trompe.

2. Le dialogue avec des interlocuteurs multiples

En tant que chargée de recrutement, Sonia parle chaque jour avec des candidats, des managers côté client, des consultants internes, et bien sûr son propre manager. Chacun avec un ton, des codes, des attentes différentes. L’école prépare à l’oral. L’alternance apprend à parler à des publics très différents sans jamais perdre le fil.

3. La responsabilité directe sur ses résultats

Un devoir à la fac est corrigé. Un recrutement en entreprise est validé par un client ou par un refus. L’écart entre les deux expériences est colossal pour un étudiant.

Le moment où tout bascule : son premier recrutement de A à Z

Pour Sonia, la bascule s’est faite sur un cas précis. Celui où elle a mené un recrutement du début à la fin, toute seule.

« J’ai gagné en confiance dans mon alternance au moment où j’ai pu effectuer un recrutement de A à Z. Contacter le client, lui poser les questions nécessaires pour le poste, lui parler des candidats que j’avais à lui proposer, effectuer tout le processus. »

C’est ce moment là, et pas un autre, qui transforme une alternante en future chargée de recrutement. Pas un cours théorique sur le processus de recrutement. Un vrai client, un vrai poste, un vrai résultat.

Sa plus grande fierté : une action de consultant portée en tant qu’alternante

Peu de temps après son transfert en industrie, Sonia a mené une action commerciale normalement réservée aux consultants seniors : le « spec ».

« C’est quelque chose que les consultants font habituellement, pas forcément les chargés de recrutement. On appelle cela le « spec », pour spéculative. Une action commerciale où on contacte le client en lui envoyant un CV « pépite ». Grâce à ça, j’ai pu débloquer un besoin qui s’est très rapidement concrétisé. »

C’est précisément ce que permet une alternance bien construite : être poussée vers des missions qui ne sont pas dans le script initial, parce qu’on a prouvé qu’on en était capable.

Ce qu’elle a appris de son manager

À la question de ce qu’elle a appris de Jérémy, sa réponse est courte.

« Le fait d’oser, le fait de tenter et de ne pas s’arrêter à un échec. »

C’est peut-être la vraie leçon qu’un bon manager transmet à un alternant. Pas une méthode. Un état d’esprit.

La fatigue, le rythme, les doutes : parlons vrai

L’alternance a aussi ses contraintes. Quatre jours en entreprise, un jour en cours. Les semaines sont pleines. Les objectifs en entreprise ne s’arrêtent pas parce qu’un partiel approche. Beaucoup d’étudiants hésitent sur ce point précis.

Sonia ne cache pas que la charge est réelle. Mais elle est aussi claire sur le fait que cette charge est la contrepartie d’une accélération exceptionnelle.

Un alternant de deux ans a vécu l’équivalent de deux CDD en entreprise, avec un vrai poste, de vraies responsabilités, et une maîtrise de la culture de son employeur. Quand il arrive sur le marché du travail à 23 ans, il part avec une avance qu’un étudiant sans alternance mettra plusieurs années à combler.

Son conseil à ceux qui hésitent

À la fin de l’interview, nous avons posé la question frontalement. Que diriez vous aujourd’hui à une étudiante qui hésite entre la fac et l’alternance ? Sa réponse est sans détour.

« N’attends pas, fonce. Les études c’est bien, mais la théorie ne vaut pas la pratique. »

Cette phrase n’est pas une attaque contre les études classiques. C’est une invitation à ne pas différer un apprentissage de terrain que l’école, par construction, ne peut pas offrir.

Et après ? Un CDI chez Hays, probablement

Dans l’équipe de Jérémy, un tiers des collaborateurs sont des anciens alternants devenus CDI. Sonia est sur la même trajectoire. Deux ans d’alternance qui l’ont vue évoluer de chargée de recrutement junior à porteuse d’actions commerciales. Un parcours CDI qui, à ce stade, est presque une suite logique.

« On a énormément de réussites grâce à ces personnes qui, à la fin, connaissent parfaitement la culture Hays. » (Jérémy Jouanneau, son manager)

Conclusion : une étudiante qui n’a pas attendu pour entrer dans le vrai monde

Le témoignage de Sonia tient en une idée simple. L’école donne les bases. L’alternance donne la pratique. Les deux ne s’opposent pas, mais pour qui en a l’opportunité, les combiner est probablement l’un des meilleurs choix d’entrée dans la vie professionnelle.

Deux ans d’alternance chez Hays l’ont transformée en future recruteuse CDI. Deux ans de fac supplémentaires auraient probablement produit une étudiante encore très solide académiquement, mais loin derrière sur le terrain.

Vous hésitez entre un cursus classique et un cursus en alternance ? Regardez l’interview complète de Sonia Lemoine, et croisez avec la perspective de son manager.